Confrontés à un resserrement significatif des conditions de transfert de fonds par les Marocains résidant à l’étranger (MRE) imposé par les autorités européennes, le wali de Bank Al-Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri, exhorte à une réponse diplomatique vigoureuse.
« De nombreux défis méritent d’être soulignés, notamment en Europe, où les activités d’accompagnement des Marocains du monde, menées depuis des décennies par les banques marocaines en toute transparence et conformément aux réglementations locales, sont confrontées depuis quelques années à un durcissement sans précédent des conditions d’exercice », a déclaré Abdellatif Jouahri lors du Forum de Rabat sur la réduction des coûts de transfert de fonds de la diaspora africaine.
Pour garantir la continuité des flux de transferts de fonds de la diaspora, Bank Al-Maghrib (BAM), en collaboration avec les autorités publiques, a entrepris des actions visant à diversifier les canaux de transmission et à réduire les coûts de ces envois. La réduction des coûts des transferts de fonds des MRE est considérée comme un objectif primordial au Maroc, a souligné Abdellatif Jouahri lors de l’ouverture du Forum de Rabat.
Le Maroc se prépare progressivement à affronter toute éventualité liée à un durcissement potentiel des règles de transfert des MRE, particulièrement en provenance de certains pays européens, dont la France. Cette question a été abordée par Abdellatif Jouahri lors du point de presse suivant la deuxième réunion du Conseil de la Banque centrale, où il a révélé que l’Union européenne pourrait compliquer les opérations bancaires des MRE.
Par ailleurs, le gouvernement français a récemment présenté un projet de loi visant à réduire les coûts de transfert de fonds effectués par les étrangers résidant en France, y compris les Marocains. Le journal Les Inspirations Éco rapporte que ce projet de loi porte sur « les modalités de réduction des coûts de transaction des envois de fonds effectués par des personnes résidant en France vers des personnes résidant dans des États éligibles à l’aide publique au développement », se demandant s’il s’agit de « signaux positifs en faveur de la réduction des coûts de transaction des transferts de fonds des MRE ».