Le Maroc, un Concurrent Déterminé pour l’Hébergement des Matchs Majeurs du Mondial 2030

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novembre 23, 2025

Lors du récent Sommet des Stades à Madrid, réunissant des acteurs clés de l’architecture, de la construction et de la gestion d’infrastructures sportives, des commentaires francs ont mis en lumière la pression croissante du Maroc dans le cadre de l’organisation de la Coupe du monde 2030.

Eduard Dervishaj, Directeur des Relations Institutionnelles et des Projets Internationaux au sein de la Fédération Royale Espagnole de Football (RFEF), a ouvertement exprimé une inquiétude interne : l’accélération des préparatifs marocains pourrait potentiellement amputer l’Espagne de l’attribution de certains matchs de prestige, voire de la finale.

Une Dynamique Marocaine Impressionnante

Le responsable espagnol a reconnu que les efforts soutenus du Maroc dans la modernisation de ses infrastructures en font un candidat redoutable pour accueillir les rencontres les plus importantes du tournoi. Cette impulsion s’explique par plusieurs facteurs :

Une Vision Stratégique et Centralisée : Le Royaume bénéficie d’une planification claire et d’une gestion unifiée, ce qui contraste avec les difficultés rencontrées en Espagne.

Des Investissements Colossaux : Des fonds massifs (plus de 14,5 milliards de dirhams) sont alloués à la mise à niveau de six stades existants (dont Tanger, Casablanca, Rabat, Agadir, Marrakech et Fès) et à la construction du nouveau Grand Stade de Casablanca (prévu pour 93 000 places), garantissant des enceintes modernes ou entièrement renouvelées aux normes internationales.

Un Projet de Transformation Nationale : L’initiative au Maroc va au-delà du seul football, incluant l’amélioration des réseaux de transport (extension du TGV, modernisation des aéroports) et la durabilité des infrastructures.

Les Retards Espagnols et le Défi de la Pérennité

L’Espagne, de son côté, est confrontée à un déficit de coordination et à des retards dans les chantiers, notamment sur plusieurs sites initialement candidats, comme le Nou Mestalla ou la rénovation de certains stades. Dervishaj a insisté sur le fait que la responsabilité de ces retards incombe en grande partie aux propriétaires des clubs et au manque de vision à long terme.

L’architecte Mark Fenwick a d’ailleurs souligné que ce Mondial doit être l’occasion d’une « transformation profonde » et non d’une simple mise à niveau pour l’Espagne, déplorant l’accumulation de retard.

Les experts ont rappelé un principe essentiel : les stades doivent être conçus dans une optique de durabilité, pour une vie d’au moins quarante ans, s’intégrant dans un projet urbain global plutôt que de devenir des « cathédrales désertées » après l’événement, comme cela s’est produit dans d’autres pays hôtes.

L’Impératif de l’Adhésion Populaire

En conclusion, Dervishaj a appelé à ne pas négliger l’élément le plus important : l’avis des supporters. Il a affirmé que l’organisation du Mondial ne peut être laissée aux seules administrations et aux clubs, soulignant la nécessité de comprendre ce que « veut le peuple ».

Alors que les trois pays co-organisateurs—Maroc, Espagne et Portugal—avancent à des rythmes différents, la déclaration du responsable espagnol confirme une nouvelle réalité : le Maroc a troqué son rôle de simple partenaire pour celui de rival crédible capable de revendiquer les événements phares de la Coupe du monde 2030.

Le Grand Stade de Casablanca est au cœur des plans du Maroc pour la Coupe du Monde 2030, comme vous pouvez le voir dans la vidéo Football : au Maroc, les grands chantiers du Mondial 2030 avancent.