
Pendant longtemps, Paris s’est maintenu dans une position ambiguë en ce qui concerne la question du Sahara. Toutefois, la France a désormais clairement adopté la position marocaine, manifestant ainsi sa volonté déterminée de faire progresser la situation.
L’adoption de la résolution 2703 du Conseil de sécurité de l’ONU le lundi 30 octobre, avec 13 voix favorables et 2 abstentions, constitue un nouveau pas en avant pour les efforts déployés par le Maroc. Il est toutefois difficile de ne pas remarquer que la France, dont la position a souvent manqué de transparence, a exprimé son soutien enthousiaste à cette résolution prolongeant le mandat de la MINURSO pour une année, confirmant ainsi son engagement à faire avancer le dossier et son soutien ferme au Royaume.
La France a qualifié cette résolution de « équilibrée » et de prenant en compte les attentes de toutes les parties. L’ambassadeur français à l’ONU, Nicolas de Rivière, a déclaré : « La France défend une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité ». Il a également ajouté : « Je rappelle le soutien historique, clair et constant de la France au plan d’autonomie marocain. Ce plan est sur la table depuis 2007. Il est temps désormais d’avancer. Dans cette perspective, la France encourage toutes les parties à s’engager en vue d’une solution pragmatique, réaliste, durable et fondée sur le compromis et soutient les efforts de l’Envoyé personnel en vue de la reprise des tables rondes ».
Un politologue et professeur de Droit public à la faculté des Sciences juridiques, économiques et sociales de Rabat, Abbas El Ouardi, a commenté ce soutien français en soulignant que cela témoigne de la volonté de la République française d’accompagner les efforts du Royaume du Maroc et du Roi Mohammed VI dans la résolution du conflit. Il estime que le contexte conflictuel entre les deux pays semble s’estomper, notamment en raison de cette déclaration qui a un impact sur les relations bilatérales et historiques. De plus, le soutien du Maroc à la résolution de ce conflit est un élément majeur.
Le chercheur constate également que la France, en tant que membre du Conseil de sécurité de l’ONU avec droit de veto, réajuste positivement ses relations avec le Maroc, ce qui est très bénéfique. Il note que le contexte international évolue, entraînant une redéfinition des liens entre la France, le Maroc et d’autres pays.
De plus, l’évolution historique de la résolution du conflit du Sahara marocain, accompagnée du plan d’autonomie proposé par le Maroc en 2007, a considérablement modifié la perspective de divers pays, notamment les États-Unis d’Amérique et l’Espagne, qui ont reconnu la souveraineté indiscutable et totale du Maroc sur son Sahara.
Il est évident, selon l’expert, que la France doit exprimer sa position de manière claire, ce qui renforcera les liens historiques entre les deux nations. Cela ouvre de nouvelles opportunités de coopération franco-marocaine et marque la fin de l’ambiguïté qui a caractérisé la diplomatie française.
Pour El Ouardi, il s’agit d’un message clair, exprimant la volonté directe de la République française et marquant un nouveau chapitre dans la redéfinition des relations bilatérales entre le Maroc et la France. L’avenir semble promettre des résultats bénéfiques pour les deux nations, en particulier dans les domaines économique, social, culturel et politique, qui définiront la trajectoire stratégique du développement des relations franco-marocaines à venir.
Il convient de rappeler que lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue française, Catherine Colonna, en décembre dernier, le ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, avait souligné que la France était consciente de l’importance de la question du Sahara marocain pour toutes les forces vives de la Nation marocaine. Il avait noté que, bien que la position de la France ne soit pas négative, elle doit évoluer pour s’adapter à l’évolution de la situation.