Loubaba Laâlaj: Une Symphonie Entre Poésie et Arts Plastiques Célébrée à Salé

In Culture
juillet 03, 2024

Le Pavillon Bab El Khemis de Salé a accueilli, mardi soir, le 2 juillet 2024, la présentation de l’ouvrage de l’artiste peintre et écrivaine Loubaba Laâlaj, intitulé « Melhoun et Arts Plastiques : Écrits et Tableaux », dans ses versions française et arabe. Cet événement, organisé dans le cadre de la 14e édition du Festival Maqamat, orchestré par l’association Abi Raqraq, a également vu la présentation de « Poésie du Melhoun à Azemmour » d’Abdelilah Jenane, en hommage à l’écrivain défunt Abbas El Jirari.

À cette occasion, Loubaba Laâlaj a mis en lumière un aspect essentiel de son œuvre, préfacée par les docteurs Abdelkrim Berchid et Jamal Eddine Benhaddou, ainsi que par l’écrivain et poète Fouad Kassous, avec une traduction de l’arabe au français assurée par le docteur Abdellah Sheikh.

Laâlaj s’est immergée dans les thématiques de son livre, alliant poésie et arts plastiques, à travers des poèmes imprégnés de soufisme, de rythmes délicats et de tonalités empreintes de sérénité et de contemplation. Elle a ainsi entraîné l’auditoire dans un voyage poétique et iconographique, parsemé de références à une mémoire culturelle et historique riche, où le Melhoun, avec ses symboles et ses lumières, révèle toute sa splendeur et son génie créatif.

Loubaba Laâlaj a également évoqué les thèmes de son livre à travers des poèmes accompagnés de tableaux élégants et captivants, sous l’égide de « Ainsi parlait le Melhoun ». Les oiseaux y chantent, le cœur danse sur des voix divines, et la narration exprime l’âme marocaine, mêlant sensibilité, passé, avenir et amour, le tout sous la lumière du célèbre Aladdin.

Elle a en outre abordé la présence du Melhoun dans ses œuvres picturales, avec des poèmes célébrant la beauté et les rythmes mystiques, tout en soulignant la place privilégiée de la femme dans cette poésie, décrite comme détentrice de secrets et muse inspiratrice.

Son ouvrage se termine par une section dédiée aux maîtres vénérés du Melhoun, ornée de poèmes comme « Gazelle, flamme de vie », illustrés de tableaux évocateurs. Elle y proclame : « Je suis le Melhoun, chantant la gazelle jusqu’à la vénération, passant sous sa fenêtre, celle d’une demeure somptueuse de style andalou, son époux est un éminent poète et prince. »

La rencontre a été marquée par des interventions et témoignages, ainsi qu’une lecture émotive du poème « La Chandelle » du Chérif Sidi Mohammed Ben Ali, par le traducteur Abdellah Sheikh, évoquant la naissance, la lutte, la mort et la résurrection de la chandelle, autour de laquelle les papillons dansent dans une extase de lumière, célébrée par le Melhoun.

Pour rappel, Loubaba Laâlaj, originaire de Fès, est une artiste peintre et écrivaine reconnue, membre de plusieurs associations littéraires au Maroc et en Afrique. Son parcours artistique a été couronné en 2019 par un doctorat honorifique du Forum international des arts plastiques.

Parmi ses publications notables figurent « Émergence Fantastique », « Mes Mondes », « Matière aux Voix Multiples », « Abstraction et Suggestion », et « Les Dames du Monde : Entre Ombre et Lumière ». Elle a également publié plusieurs ouvrages mêlant écrits et arts plastiques, comme « Fragments », « Pensées Égarées », « Icônes des Arts Plastiques au Féminin », « Soufisme et Arts Plastiques », et bien d’autres encore. Ses œuvres à paraître incluent « Imaginaire et Art », « Désert et Art », « Mémoire et Art », « Rêve et Art », « Manifeste Lyrique », et « Folie et Art ».