L’Organisation des Nations unies (ONU) a lancé un appel aux gouvernements et aux industriels pour qu’ils prennent des mesures afin de réduire la pollution plastique. Dans un rapport publié le mardi 16 mai, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) propose une feuille de route visant à réduire cette pollution de 80 % d’ici à 2040. Cette initiative intervient avant une importante réunion de négociation qui se tiendra à Paris du 29 mai au 2 juin, dans le cadre des discussions sur un futur traité international sur la pollution plastique, prévu pour être juridiquement contraignant en 2024.
Selon les estimations de l’Organisation de coopération et de développement économiques, environ 460 millions de tonnes de plastique sont produites année à l’échelle mondiale, dont 353 millions de tonnes se retrouvent sous forme de déchets. Si aucune mesure n’est prise, cette quantité pourrait tripler d’ici à 2030. Face à cette situation, le PNUE propose un « changement de système ». Pour l’ONU, cela passe par la promotion de l’économie circulaire, une approche contestée par certaines organisations environnementales et scientifiques qui préconisent avant tout une réduction drastique de l’utilisation des plastiques.
Le rapport du PNUE recommande plusieurs axes de changement, notamment la réutilisation, le recyclage, la réorientation et la diversification des plastiques. La première transition proposée consistait à passer du jetable au réutilisable, en mettant en place des systèmes de consignation, de reprise des emballages ou de distribution de produits en vrac. Le PNUE estime que le développement à grande échelle de ces systèmes permet de réduire la pollution plastique d’environ 30 %. Le rapport cite en exemple la loi française antigaspillage, qui vient d’interdire la vaisselle jetable dans la restauration rapide.
En rendant le secteur du recyclage plus stable et plus louable, le PNUE estime qu’il est possible de réduire la pollution plastique de 20 % supplémentaires d’ici à 2040. Cela passerait notamment par la réorientation des subventions accordées aux énergies fossiles vers la conception de plastiques recyclables et l’élimination des additifs dangereux. Actuellement, moins de 10 % des déchets plastiques sont recyclés à l’échelle mondiale, alors que la technologie nécessaire existe déjà. Certains pays, comme le Mexique, ont montré l’exemple en valorisant leur taux de recyclage.
Enfin, le remplacement des articles à usage unique par des produits alternatifs tels que le papier ou les matériaux compostables permettra une réduction supplémentaire de 17 % de la pollution plastique.
La transition vers une économie circulaire aurait également des avantages économiques, sociaux et environnementaux majeurs. Selon le PNUE, elle permet de réduire les externalités négatives liées au plastique, comme la dégradation des écosystèmes marins, la pollution de l’air et les émissions de gaz à effet de serre, tout en générant des revenus grâce au recyclage.